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Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.

Sarah Strauss
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Mer 19 Sep - 3:38

La jeune femme est inquiète, morte de trouille, douloureuse. Tout son corps lui donne l'impression de n'être plus fait que de terminaisons nerveuse. Tout son être souffre. Pourtant, elle a eut des calmants. Cela fait un moment maintenant, elle a l'impression en tout cas, qu'on a pratiqué cette césarienne, qu'on a emmené son enfant loin, trop loin d'elle. Où est-il ? Est-ce qu'il va bien ? La brune n'en sait rien, on ne lui dit rien. Trop de patients sûrement. Et elle est là, avec sa sonde, avec ses points, avec sa douleur, avec sa crainte, à attendre le retour de son enfant. Elle sait seulement que c'est une fille. Une petite fille qu'elle n'a pas eut le temps de voir, pas eut le temps de garder contre elle. Ils l'ont emmenés directement et depuis... elle ne ait pas. Elle a l'impression que les minutes sont des heures, mais cela ne fait peut-être que vingt minutes qu'ils sont sortis avec la petite, elle ne saurait le dire.

Sarah est douloureuse, son front la brûle. Elle n'ose plus décocher le moindre mot à Gaspar, pour ne pas se laisser submerger par son inquiétude. Pour ne pas paraître faible devant ce dernier. Faible, alors qu'elle vient de mettre au monde son enfant. Ou pas. Sarah n'a pas l'impression d'avoir donné la vie. Elle aurait voulu souffrir, elle aurait voulu un accouchement naturel. Elle aurait souhaité se sentir donner la vie. Elle s'y était préparé. Ne pas l'avoir fait la contrarié, la faisait se sentir étrange. Et frustrée, en même temps. Comme privée de sa capacité de femme à enfanter. Elle aurait aimé être forte et pouvoir se targuer de l'avoir fait. C'est une impression étrange, plus étrange qu'elle ne l'aurait pensée.

Le cliquetis de la porte la fait sursauter et la jeune femme grimace, espérant que c'est son enfant qui revient. Mais non. Le docteur Draxler entre. Le pédiatre qu'elle a choisit. Ce pédiatre qu'Isalyne connaît bien. Lui, il saura sûrement comment son enfant se porte et s'il est là, c'est probablement qu'il est disposé à lui en dire d'avantage. Sarah est à bout de nerfs, de ses nerfs en pelote. Et elle explose presque.

«- Est-ce qu'on va enfin me dire où est mon enfant et ce qu'il a !?» demande-t-elle mi-colérique, mi-désespérée, à l'attention du docteur.


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Robain Draxler
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Sam 22 Sep - 20:29


La plupart des accouchements se déroulent sans incident, ma présence en salle d’accouchement n’est même pas obligatoire et généralement je commence à m’occuper des bébés après cela. Cependant, dans certains cas, en particulier face à une grossesse à risque ou des difficultés obstétricales à l’expulsion, ma présence est obligatoire, voilà pourquoi j’avais été appelé à assister à l’accouchement ou plus précisément l’accouchement par césarienne de Sarah Strauss, et ce, afin de parer aux éventuelles détresses vitales, respiratoires et cardiaques du bébé, bien que cela ne se produise pas systématiquement en cas de césarienne.

A mon arrivé dans la salle d’accouchement, on m’explique rapidement la situation, la future maman souffrait d’un hématome rétro-placentaire et une césarienne en urgence allait donc être pratiquée, à cet instant je commençais déjà à songer aux risques pour le bébé, car ce genre de cas provoquait généralement une des problèmes respiratoires et il fallait rapidement prendre en charge le bébé. C’était d’ailleurs ce qui allait se passer.

Je laissais alors mes confrères s’occuper de la maman alors que je transférer son bébé dans l’unité de pédiatrie néonatale afin de lui prodiguer les soins nécessaires.

Après plusieurs heures, je décidais alors d’aller voir la maman une fois prévenu qu’elle était réveillée, je savais qu’elle devait être très inquiète. Arrivé dans la chambre je lui souris


"Bonjour Madame Strauss, j’ai l’impression que vous allez mieux."

Même si elle semblait très fatiguée et un peu perdue, mais il fallait bien le comprendre après ce qu’elle venait de vivre. Et ses premiers mots refilait bien l’état d’esprit dans laquelle elle se trouvait «- Est-ce qu'on va enfin me dire où est mon enfant et ce qu'il a !?»

"Je sais que ce sont des moments difficile pour vous, mais il faut vous calmer, ce n’est pas bon de vous emporter. Votre bébé va bien mais il a aussi besoin que sa maman le soit."

J’espérais pouvoir la calmer un peu avant de lui expliquer ce qui s’était passé, je m’approchais alors d’elle

"Je me doute bien que vous devez être inquiète pour votre fille, et rassurez-vous, vous allez la voir très rapidement. Nous devons la surveiller encore un peu…Comme vous le savez-vous avez souffert d’un hématome rétro-placentaire juste avant l’accouchement, ce qui a eu pour résultat le décollement du placenta et a provoqué une hypoxie, ce qui veut dire que votre bébé a manqué d’oxygène."

Voyant que la mère commençait à paniquer à ses mots, je reprenais rapidement pour la rassurer.

"Nous l’avons heureusement pris en charge rapidement et l’état de votre fille est stable maintenant. Mais comme je vous l’ai dit, je préfère la garder encore un moment sous observation juste pour m’assurer que tout va bien."




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"Avez-vous besoin d'un dictionnaire ?"
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Dernière édition par Robain Draxler le Mar 9 Oct - 21:00, édité 4 fois
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Sarah Strauss
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Dim 23 Sep - 0:03

Sarah était perdue, choquée, elle ne savait plus où elle en était et était on ne peut plus inquiète alors qu'elle n'avait pas de nouvelles de son enfant. Elle ne savait pas ce qu'il se passait, pourquoi on le lui avait enlevé, pourquoi personne ne lui disait rien, pourquoi on ne la tenait pas au courant, pourquoi elle sentait cette détresse envahir tout son être et ce sentiment de vide, sans être capable de regarder le père, plus loin, alors que ce dernier fait les cent pas. La jeune femme est au bout du rouleau, fatiguée, énervée, anxieuse, surtout. Elle voudrait dormir, mais c'est au-dessus de ses forces, au-dessus de ses moyens, alors que l'inquiétude comprime son cœur sans lui laisser l'espoir que les choses passent, se tassent, tant qu'elle n'aura pas vu sa fille, sa petite Alina, ou tant que personne ne lui aura dit ce qu'il en est de la santé de sa fille. Ne rien savoir est probablement la pire des choses pour une mère, elle s'en rend compte maintenant, malgré toutes les frustrations qu'elle a de cet accouchement dans un même temps.

Le docteur Draxler entre finalement et la demoiselle l'interroge, pour ne pas dire qu'elle le noie sous ses interrogations, littéralement. La jeune femme est trop inquiète pour demander calmement ce qui ne va pas, pourquoi son enfant n'est pas avec elle. Trop effrayée par la tournure potentielle des événements pour ne pas agresser, ou presque le pédiatre pourtant si dévoué aux enfants et à son métier comme le lui avait signalé Isalyne, qui l'avait rencontré dans une association, apparemment. L'homme dit qu'elle semble avoir meilleure mine, elle n'en est pas convaincue. Elle se sent fatiguée, éreintée, au bord du gouffre et tout son corps réclame le repos sans que son état d'esprit ne le lui permette.

L'homme parle de l'impression qu'elle doit avoir et elle admet qu'il a assez bien cerné l'état d'esprit dans lequel elle se trouve alors qu'elle aurait aimé tenir son bébé contre elle. L'enfant lui avait été déposé dans les bras quelques minutes seulement, même pas. Une ou deux minutes, pour le peau à peau, avant qu'on ne le lui enlève. Elle n'était  même pas sûre de ne pas avoir rêvé cet épisode en fin de compte. L'enfant va bien comme le dit l'homme, c'est le principal.

«- On ne me l'a pas encore ramené, pourquoi si elle va bien !? Je veux voir mon bébé !»

Sarah a l'impression qu'elle va exploser. Si son enfant va bien alors pourquoi l'en prive-t-on encore ? Il n'y a pas de clauses contre ce genre de choses dans les hôpitaux ? Sarah est morte d'impatience, morte de peur, morte d'inquiétude. Elle veut bien croire le docteur mais... elle ne sait pas, elle a besoin de constater la chose de ses yeux, certainement. Besoin de s'assurer que son enfant va bien, en effet. Mais le discours de son docteur n'est pas très rassurant. Une hypoxie ? Un manque d’oxygène ? Le rythme cardiaque de la brune s'accélère. L'homme la rassure rapidement, tout du moins essaie, alors que la demoiselle n'en mène pas large. Elle essaie de prendre sur elle néanmoins.

«- Quand... quand pourrais-je la voir ?» souffle Sarah se sachant incapable de quitter ce lit médicalisé et voulant pourtant voir son bébé le plus rapidement possible, se rassurer de la voir. Elle se tourne vers Gaspar, l'air agacé, en colère. Comment peut-il être encore ici et non pas avec leur fille, lui qui peut se déplacer «Mais va la voir toi reste pas planté là!» essaie-t-elle de le bouger.



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Robain Draxler
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Mar 9 Oct - 20:57



Ce n’était jamais facile d’essayer de rassurer les parents, surtout que leurs réactions étaient différentes selon les personnes et selon les circonstances, certains pouvaient être agressifs, d’autres pleuraient tout le temps, d’autres restaient semblaient abasourdis, mais tous avaient un point communs ils voulaient des réponses, raison pour laquelle ils posaient autant de questions.

"Je comprends parfaitement votre inquiétude, et je vais essayer de vous expliquer pourquoi nous avons besoin de la garder encore un moment."

Il fallait trouver des mots simples et surtout pas effrayants pour expliquer la situation, car l’incompréhension face au jargon employé peut être la source de problèmes entre médecins et parents.

"Comme je vous l’ai déjà dit, votre fille a souffert d’un manque d’oxygène lors de l’accouchement et nous devions faire en sorte de vite y remédier. Nous avons dû procéder à une L’hypothermie, ce qui veut dire diminuer la température du corps de votre bébé. Cela permet de ralentir l’activité du cerveau, de favoriser sa récupération, et donc de réduire les chances que des dommages se développent."

Le but des soins intensifs était la prévention ou la minimisation des troubles fonctionnels et organiques causés par l’hypoxie, mais j’évitais de parler des conséquences que cela pouvait avoir puisque de toute façon nous avions pu la prendre à temps, et que pour l’heure la mère n’était pas en état d’entendre ce genre de choses.

"Vous comprenez maintenant pourquoi vous n’avez pas pu voir votre fille et pourquoi vous n’avez pas pu la prendre dans vos bras, car la température de votre corps la réchaufferait, et il était très important que nous agissions rapidement dans les premières heures qui ont suivi sa naissance. Et pour l'instant elle se trouve toujours à l’unité de pédiatrie néonatale, nous avons besoin de faire quelques examens de plus avant de pouvoir vous la ramener."

Je restais silencieux pendant qu’elle criait sur son mari, enfin je supposais qu’il l’était, et au fond de moi j’espérais qu’il allait obtempérer, énerver une femme qui vient d’accoucher par césarienne et qui n’a pas encore vu son bébé était la pire des choses à faire. Je décidais alors, de mettre mon grain de sel en appelant une infirmière qui se trouvait non loin de la chambre avant de parler au père.

"Anke va vous emmener la voir, vous pourrez ainsi être rassuré."

Voyant alors l’homme quitter la pièce je reportais mon attention de nouveau vers la jeune maman.

"Madame Strauss, ne craignez rien, vous verrez votre fille très rapidement. D’ailleurs, j’ai pour habitude d’appeler mes petits patients par leurs prénoms, mais pour l’instant je n’ai pas encore eu la chance de connaître celui de votre petit ange."

Je lui souris pour essayer de l’apaiser, puis je me rapprochais encore plus du lit de la jeune femme.

"Je sais que c’est dur pour vous, mais gardez à l’esprit que ce n’est que temporaire."




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Sarah Strauss
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Mar 9 Oct - 22:59

Pour la jeune mère, la situation est on ne peut plus douloureuse, plus inquiétante, alors que si on lui assure que son enfant va bien, elle ne l'a pas vu de ses yeux. Sarah est en colère, en colère contre elle, contre la nature, contre le monde entier alors qu'elle a cette impression étrange, douloureuse, qu'on lui a volé la naissance de son bébé. Et si ce n'est la faute de personne, seulement à pas de chance, elle a toutefois besoin de s'emporter, besoin de trouver une exutoire à ce qu'elle ressent, à cette bombe à retardement qu'il y a dans son cœur. Et si l'homme dit qu'il comprend sa position, s'il essaie de se montrer compatissant, ses mots glissent sur elle comme de l'eau et tout ce qu'elle retient c'est que son enfant a eut besoin de soin, qu'elle n'a pas été une bonne mère, qu'elle n'a pas été capable de donner la vie à sa fille dans de bonnes conditions et elle se sent évidemment responsable de cette situation, responsable d'avoir mit en danger, elle ne sait comment, la santé de son bébé. Elle hoche la tête distraitement alors que le docteur propose à Gaspar de le faire accompagner par une infirmière, alors que Sarah perd patience à le voir rester les bras ballant avec elle, quand leur fille est seule dans cet hôpital, quelque part, sans ses parents. Et pourquoi, pourquoi ne peut-elle pas y aller, elle ? Sarah a subit une intervention lourde et pourtant elle se sentirait la force d'aller à son enfant, si son enfant ne peut venir à elle. Ne dit-on pas que l'amour, surtout maternel, aide à déplacer des montagnes ?

Alors que l'homme promet qu'elle verra vite sa fille, cela lui semble encore bien trop lent, alors qu'elle ressent cette urgence de voir son bébé, de le serrer contre elle, de la couvrir de baiser et s'excuser, lui dire comme elle est désolé, lui demander pardon, pardon d'être déjà une aussi mauvaise mère. Pardon de ne pas être à la hauteur. L'homme demande le nom de sa fille et elle relève la tête, alors qu'il poursuit déjà, en assurant que cette situation n'est que temporaire. Peut-être. Mais cela reste trop long, encore, à son goût.

«- Alina. Elle s'appelle Alina... Savez-vous combien de temps encore cela va prendre et quand on sera sûrs que tout danger est écarté pour elle ?» demande-t-elle rapidement, toujours inquiète. «Ne puis-je pas aller la voir, si elle ne peut pas être ramenée ici ?» questionne la maman.

Au moins la voir, même à travers une vitre s'il le faut, seulement pour voir qu'elle va bien, pour s'assurer que tout est sous contrôle et profiter, même de manière aussi caduque, des premières heures de vie de son bébé, après cette naissance plus que mouvementée. Seulement la voir, sans même la serrer dans ses bras, seulement pouvoir veiller sur elle, comme une mère se doit de le faire pour son enfant.



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Robain Draxler
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Dim 21 Oct - 22:53



Il suffit d’un petit rien pour chambouler bien des équilibres, je le sais, j’en ai été témoin à trois reprises, lorsque nous apprenons que nous allons devenir parents, que nous devenons les témoins privilégiés du développement de ce petit être qui de par sa venue au monde deviendra votre monde, nous sommes alors victimes d’une irrationnelle évidence, celle que nous l’aimons, d’un amour indéfectible, avant même de le voir, avant même de le toucher, nous l’aimons, et nous attendons avec impatience sa naissance. Et après autant d'amour vient la saison des vendanges, on récolte le fruit, le meilleur des mélanges, la bouche est ronde et pleine et le nez si discret, quel prénom allait-on bien pouvoir te donner ?

Et si pour la plupart l’attente se termine à l’instant même de la naissance pour d’autres elle dure un peu plus longtemps, ce qui était le cas de Sarah Strauss, et c’est là que nous médecins devons être patient, il est difficile pour les parents d’accepter cette séparation, le fait que leur enfant puisse être en danger, surtout pour les mères, et je voyais bien que malgré mes paroles et mes explications, la jeune maman me regardait comme si je débitais des coquecigrues, mais peut-être n’avais-je pas utilisé les bons mots, elle entendait que sa fille allait bien, chose que je lui avais dite parce que de Un c’était vrai et de deux il fallait la rassurer, et d’un autre côté, je lui disais qu’elle ne pouvait pas la voir car elle avait encore besoin d’examens, n’est-ce pas là ce qu’on peut raisonnablement nommer un amphigouri ? Pour elle aucune raison, ni aucune excuse ne justifiait qu’elle soit loin de son bébé.

Elle répondit à ma question en me donnant le nom de sa fille, puis en suite me posa LA question, « Savez-vous combien de temps encore cela va prendre et quand on sera sûrs que tout danger est écarté pour elle ? » les médecins détestait cette question car il n’y avait jamais de certitude, surtout dans ce genre de cas, lors d’un manque d’oxygène pour le bébé lors de l’accouchement, il fallait faire vite et prodiguer les premiers soin sans attendre, il fallait être le plus prompt et surtout le plus efficace possible.


"Alina est un très joli prénom, tout comme votre fille."

Je respirais profondément avant de répondre à sa question, je connaissais les rouages du métier depuis le temps que je le pratiquais, et répondre à ces questions même si c’était une chose difficile, ne l’était pas tant dans la réponse mais dans le fait que je ne savais pas comment allait réagir mon interlocuteur.

"Nous devons réguler sa température progressivement, cela prendra encore quelques heures, après cela vous pouvez la prendre dans vos bras. Cette approche a fait ses preuves depuis plusieurs années madame Strauss, elle permet d'atténuer voire d'empêcher les séquelles à court, moyen et long termes, surtout si le bébé est pris à temps, ce qui est le cas pour Alina. Je vous rassure également en vous disant que dans l'état actuel des connaissances, la technique est dépourvue d'effets secondaires à court, moyen ou long termes pour les fonctions cardiaques et respiratoires des enfants."

Et si nous avions fait tout ceci c’était justement pour ne pas qu’elle ait un enfant maladif et cacochyme, cependant plus je parlais plus j’avais l’impression qu’elle ressentait qu’elle était en prison, voire pire un ergastule, et que j’étais son geôlier, celui qui l’empêchait d’en sortir. Elle me demandait si elle pouvait aller la voir, et mon cœur se serra un peu, en tant que parent je comprenais parfaitement ce qu’elle pouvait comprendre, et même si généralement j’étais incorruptible, je décidais de céder cette fois-ci, et sans même prendre l’avis de mon confrère, car si Alina était ma patiente, sa maman ne l’était pas et normalement je ne devrais pas la déplacer sans en parler à son médecin traitant, mais je savais qu’elle allait continuer à faire de la résistance si je lui disais non, en plus en regardant l’horloge accroché au mur de la chambre je pensais que ça allait lui paraitre long d’attendre encore quelques heures avant de la voir et qu’elle pourrait même défaillir, alors j’allais faire un petit effort de mon côté également.  

Très bien madame Strauss, je vais faire ramener un fauteuil roulant pour vous, il est hors de question que je vous laisse marcher dans votre état.

Je sortais alors quelques instants de la chambre afin de demander à une des infirmières de m’en ramener un, la belle Anke était partie avec le père et celle que je trouvais à ma disposition n’était autre que la personne qui me détestais le plus dans cet hôpital, peut-être parce que je l’avais un jour pour plaisanter surnommer Droopy, elle possède les traits typiques d'un Agélaste, quoi qu’il en soit, derrière ses lunettes à double foyer qui me donnait parfois l’impression qu’elle ne me regardait pas, elle acquiesça à ma requête et partit me chercher la chaise. Quand enfin elle revint avec j’étais de nouveau dans la chambre et je lui demandais encore une fois de m’aider à y installer la maman avant de parcourir les services qui nous séparaient de celui dans laquelle se trouvait sa fille.

"J’aime beaucoup connaître l’étymologie des prénoms, j’ai eu une patiente qui s’appelait Alina, si mes souvenirs sont bons ce prénom est associé à la noblesse, il signifie noble douceur. Vous devriez annoncer sa naissance sur un parchemin pour marquer le coup."

On m’a souvent dit que je parlais beaucoup, mais c’était plus fort que moi et puis j’essayais de rassurer la maman, qu’elle pense à des choses bien, car elle venait quand même de donner naissance à un magnifique bébé qu’elle ramènerait bientôt chez elle, après tout on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres...Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.

Quand l’ascenseur s’arrêta enfin à l’unité de pédiatrie néonatale, je décidais de la préparer un peu à ce qu’elle allait voir.


"Madame Strauss, quand vous verrez Alina vous allez sans doute vous inquiéter, mais croyez-moi, elle va bien, elle va rester ici juste le temps qu’on régule sa température, et les appareils que vous verrez sont là que pour cette raison. Malheureusement comme je vous l’ai dit, vous ne pourrez pas la prendre pour l’instant."  

Arrivés enfin dans la chambre où se trouvait son bébé, on pouvait voir le père déjà présent et deux infirmières à qui j’avais demandé de rester aux chevets du bébé qui était placée dans une isolette avec seulement une couche pour que les infirmières et les médecins puissent l’observer de près. On pouvait voir également qu’elle était rattachée à un moniteur cardiorespiratoire pour surveiller sa respiration sa saturation et son rythme cardiaque. Chose qui pouvait être impressionnante pour les parents.

"Pour l’instant on l’a endormi, mais le staff la surveille sans arrêt, et pour le moment tout est normal."

Je fis en suite quelques pas en arrière pour laisser quelques minutes à la maman avec sa fille.





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Sarah Strauss
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MessageSujet: Re: Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.   Lun 22 Oct - 4:01

Pour Sarah, la terre s'est arrêtée de tourner pour le moment et elle ne recommencera normalement que lorsque son bébé sera en bonne santé et entre ses bras car pour le moment, le pédiatre a beau lui dire que tout va bien, la jolie métisse a du mal à le croire et tout ceci ne sera réellement vrai probablement que quand elle aura son bébé entre ses bras. Que lorsqu'elle sentira ce tout petit être contre elle, dépendant totalement d'elle pour se lancer dans la vie. Pour le moment, tout ceci ne rime à rien pour elle, elle est une mère sans l'être, sans avoir vu son bébé, alors même qu'elle n'a pas put avoir l'accouchement qu'elle aurait souhaité. C'est difficile pour elle, difficile à encaisser. Elle avait imaginé son accouchement de nombreuses fois mais jamais il ne ressemblait à ce qu'elle venait de vivre. Elle avait cette cicatrice au bas de son ventre, trahissant la difficulté de son accouchement et qui ne la laisserait jamais oublier qu'elle n'avait pas été capable d'avoir un accouchement par voies basses, alors que ce serait peut-être, probablement, le seul enfant qu'elle aurait. Elle est sonnée, dégoûtée. Ivre de douleur. De déception. De frustration.

«- Oui c'est un joli prénom... » souffle la jeune femme pour toute réponse alors qu'elle vient de dévoiler à l'homme le prénom de sa petite princesse.

Elle se sent tellement mal, tellement déçue, tellement affectée par tout ce qui s'est passé, par tout ce qui lui est arrivé, alors que rien ne s'est passé comme elle l'aurait imaginé, comme elle l'aurait souhaité, comme elle l'aurait voulu. La jeune femme ne s'était pas attendu à tout cela, qui lui tombe dessus tout à coup. Et c'est un regard vide qu'elle pose sur son interlocuteur en hochant la tête alors qu'elle analyse chacun des mots qu'il prononce, chacune des informations qu'il lui révèle. Elle hoche la tête, en pensant avoir plus ou moins compris ce que l'homme a dit, mais son esprit est embué et tout ce qu'elle souhaite maintenant, c'est seulement voir son enfant. Et elle demande si elle ne peut aller auprès de sa fille, puisque sa fille ne peut venir près d'elle. L'homme accepte en parlant de lui faire venir un fauteuil et elle accepte. Rapidement, on leur porte la chaise roulante et Sarah s'installe tant bien que mal dessus, aidée du pédiatre. Décidément, quand on dit qu'on oublie la douleur d'un accouchement quand on a l'enfant dans les bras, que cela passe vite, c'est que ces gens n'ont jamais connu un accouchement comme celui de Sarah.

L'homme tente une plaisanterie sur le prénom d'Alina, mais Sarah n'a pas le cœur à rire et elle ne savait même pas ce que ce prénom voulait dire étymologiquement. Elle l'a choisit parce que c'est un joli prénom ni plus ni moins, qu'elle l'a déjà entendu et que ça ressemble un peu à Isalyne, la marraine de l'enfant, d'ailleurs. Elle l'a choisit parce que c'était un prénom semblant doux tout simplement et parfait pour une petite princesse venue égayer sa vie. Elle répond vaguement, en regardant les couloirs qui défilent alors que l'homme l'entraîne enfin pour voir sa fille tout en papotant.

«- J'ignorais ce que ce prénom veut dire. Il était beau, c'est tout.»

Sarah n'a pas parcouru des livres et des livres de renseignement sur le nom parfait à donner au bébé parce que untels sont des enfants sages, x sont des enfants turbulents et toutes ces conneries, elle ne croit pas qu'un prénom puisse autant influer sur le caractère d'une personne. Alors elle n'a pas cherché à connaître l'étymologie du prénom. Elle hausse les épaules.

Enfin ils approchent et elle écoute les dernière recommandations du praticien, même si elle ne peut pas prendre sa fille dans ses bras pour le moment et qu'elle peut seulement la voir de loin. Gaspar est déjà là, quand la jeune femme approche enfin et comme Robain l'avait prévu, son cœur se brise et elle pousse un petit cri, quand elle voit l'appareillage tout autour de son enfant. Ses yeux se voilent de larmes, alors. Son bébé. Sa toute petite. Si belle et si fragile. Le moment est rude pour la maman qui voudrait tant la prendre dans ses bras et ne peut encore que la caresser des yeux.

«- Elle est tellement belle.» souffle-t-elle alors que sa voix se brise, en restant aussi près que possible de son enfant. Son cœur bat la chamade et elle n'ose plus rien dire en se sentant observé par tout ce monde.



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Robain * Une mère laissée dans l'ignorance est le plus féroce des félins.
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